Merveilleux poèmes

Au fil du temps, sur le net,  j'ai eu la chance de rencontrer des êtres merveilleux

dont, pour certains, poètes devenus de mes amis.

 Je vous invite à découvrir les poèmes écrits à ma demande pour Mon Eden.

Mes remerciements à Pascal et S. F

 

 

Atroce banderille

Je suis l’atroce banderille
Plantée au flan du grand taureau.
Je sens la douleur qui le vrille.
La colère grandit dans son dos.

Plus la souffrance est terrifiante,
Plus l’animal est dangereux.
En lui, la mort se fait patiente
Mais pour certains ce n’est qu’un jeu.

La foule crie, ivre de sang,
Nous sommes au bal des vampires.
Car le taureau est innocent.
Son agonie les fera rire.

Je suis l’épée qui donnera
À l’animal le coup de grâce.
Et dans la main du scélérat,
Je vois la honte bien en place.

Je suis le couteau sanguinaire
Qui découpera les oreilles
De la bête qui fût sur terre
Pour crever seul, sous le soleil.

LOQUINET

 

 

 

 

MANTEAU DE SANG

Manteau de sang, fourrure épaisse
Un animal qu’on dépèce.
Tu fais la moue, beauté stupide
Belle sans charme, et sans une ride.
Tu camisoles ta beauté
Avec une peau ensanglanté
Une peau sublime, une peau sauvage.
Cet animal avait quel âge?
Combien sont passés aux couteaux
Pour que tu puisses sur ton dos
Porter l’emblème de ta bêtise
La preuve enfin de ta sottise.
Combien d’adorables renards
Payent le prix de ton cafard?
Si tu enrages et tu fulmines
C’est contre le prix de l’hermine.
C’est pas pour stopper le massacre
Ton cœur est vide, ton âme est âcre.
Peux tu un jour renoncer
À te vêtir d’insensé
À te parer de meurtrissures
À te gaver de la nature.


LOQUINET

Merci Pascal

Je vous invite à découvrir son univers

 

 

L’amphithéâtre de l’horreur


Lors d’un combat à armes égales
Silence, recueillement, prières s’installent,
Musique, cris d’encouragements, de joie, de fête,
Lors de ma mise à mort résonnent dans ma tête
L’isolement, l’obscurité, consommant mon anxiété,
Une chapelle ou prier pour mon assassin agréé
Lui, invoquant une bénédiction qu’il est seul à s’accorder
Moi, masse de chair et de muscle, condamné,
A courir, foncer, gravir pas à pas leur férocité.
Aux hommes prédateurs de l’infini,
Ignorants même de leur propre barbarie,
En d’autres pays, lors d’un autre monde, d’une autre vie
Dans ces mêmes arènes, sous les regards d’envie
Des gladiateurs donnés en pâture,
Ouvraient la danse pour les jeux et la culture,
Ce besoin vital d’horreur de l’être humain,
Ne pouvait s’assouvir que dans une cruauté sans fin.
Glacé dans ma chair par ces yeux fous prédisant ma mort,
Mon agonie, ma défaite, mes blessures seules,
Allument leurs regards passionnés, mes souffrances ils veulent !
Chaque coup portant sa charge de douleur apporte l’honneur,
A cet homme déguisé, fier, luttant contre mes cornes, brisant mon cœur,
La mort seule me délivrera de cette comédie qu’on nomme corrida
Juste corridor de ma propre mort, dont aucun ne fait cas.

S.F.

Merci à toi

 

 

L’homme cet ours


Parfois la vie fait penser à un désastre grandissant,
L’homme à lui seul peut être un tourment,
Mais lorsque d’une arme il se munit
Qu’en son âme et conscience chasseur il se dit,
S’abat le malheur en vue d’un branchage
Léger, tremblant sous la brise, volage,
Bousculée par le dos d’un cueilleur de champignons,
Mais parfois par les bonds d’un fragile ourson,


Cannelle, maman ours vit dans la vallée d’Aspe,
Liberté, dont depuis quelques années elle se drape,
Papillon, papa ours veillant sur elle, la vie semble si belle,
Mais l’homme veille à tout, et si la nature est rebelle
L’espèce n’est-elle pas en voie d’extinction ?
Qu’importe, une race slovène ferait une superbe option !
Introduction, la vie reprends son cours et surtout ses droits,
De Slovénie, le nouvel ours, plus jeune trouve un toit,


Hors de ces quartiers, Papillon est retrouvé édenté, mort,
Tandis que Cannelle pouponne, le petit ourson dort,
Illusoire bonheur pour cette fausse liberté,
Dont jouissent tous ces animaux réinsérés.
Nourriture à profusion, climat adéquat, passe l’été,
La saison de la chasse pointe son nez,
Puis ses fusils, ses chiens, ses chasseurs…
Puisque les quartiers des ours sont protégés, point de peur,
Nul danger pour eux, l’homme est armé et pour l’heure,
Conscient de son droit de tuer, en usant sans en abuser


En bonne mère, Cannelle protège son ourson,
Au mépris des chasseurs, roulant dans les buissons,
Face à une arme elle s’est retrouvée, un homme au bout…
D’autres canons pointés sur elle, un seul à fait des trous,
Dans sa belle toison fauve, dans sa foi à vivre libre,
Mais pour l’ourson cherchant sa mère quel équilibre ?
Résultat sanglant d’un permis de tuer !
Grands hommes de ce pays exprimant leurs regrets
Tandis que d’autres pensent à réinsérer,
Petit ourson fuit le corps de sa mère tuée.
Désertant les frontières franchies par des hommes désabusés
Grandira-t-il dans la peur ou dans l’agressivité,
Rancœur, haine, pitié, tant de sentiments mêlés,
Qui toutefois laisse à penser qu’on ne sait vraiment jamais,
Où est l’ours et lequel faudrait-il enfermer ?

S.F.

Merci à toi

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