LES 22 EN VACANCES

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Toute ressemblance avec des personnes qui existent ou qui auraient existés, ne pourrait être que fortuite. De même que l’intrique, celle-ci n’est autre chose que de l’imagination. Tous faits ou personnages similaires à cette histoire ne peut être considéré que comme pure coïncidence. Les faits se déroulent aux environ de 1965 L’auteur.


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1 : Le club

C’est un village bien tranquille que ce tout petit hameau situé à quelques kilomètres de Spa et portant toujours le nom de « Creppe ». Je ne pense pas que son nom soit le résultat d’une spécialité culinaire traitant de crêpes, qu’elles soient suzettes, normandes, flambées au grand Marnier ou autre.


Il y a bien sûr une école hôtelière qui est située sur le territoire spadois, mais rien à voir avec le village de Creppe qui se trouvait déjà là bien avant elle.

Quand je dis village bien tranquille, entendons-nous : de temps à autre, une bande de motards vient perturber le calme qui y règne. Ils sont au nombre de 22, et ont crées un club: « LES 22 ». Hé oui, 22 motards dont une fille, et ont comme point de ralliement le garage chez Jérôme.

Jérôme, 45 ans, 1m85 pour 80 kg, cheveux noirs, coupés en brosse, mécanicien moto hors pair, et bien dans sa peau malgré le fait qu’il soit veuf depuis deux ans. Sa femme est décédée en accouchant de jumelles adorables : Caroline et Véronique dont il est naturellement fier, et qui sont devenues les coqueluches du club.

Jérôme possède donc ce garage dont l’activité principale est destinée aux motos. Il répare aussi les voitures et machines agricoles du patelin étant le seul garage dans ce petit village, où il se fait très bien seconder par son contremaître; nous les motards nous l’appelons « Chef ». Il y a tellement longtemps qu’il y travaille (déjà pour le compte du père de Jérôme), qu’on ne sait plus très bien son nom. Bref, nous les 22, ça nous arrange de l’appeler « Chef ». D’ailleurs ici nous avons tous notre surnom.

Voici par exemple Serge : il a 20 ans, on l’appelle « Le casseur ». Il n’y en a pas deux comme lui dans la région pour replier les motos. A croire qu’il veut vraiment faire carrière chez les cascadeurs. En tout cas il n’a pas encore fait de casting pour cette fonction. Quant à sa carrière proprement dite, il travaille chez Jérôme comme aide-mécanicien; ce qui bien sûr l’arrange car il peut retaper les motos qu’il a repliées en ne payant que les pièces, et en travaillant après journée.

Serge n’est pas mauvais garçon, mais je préfère de loin sa sœur Yolande. 22 ans qu’elle a cette Yolande. C’ est une fille ravissante et merveilleuse. En tout cas elle n’a pas sa langue en poche. Toujours prête à mettre son petit grain de sel là où il ne faut pas, Et pas toujours quand il faut, ni parfois même comme il faut. Ha sacrée « Gonzesse » .Vous l’aurez compris, c’ est ainsi que nous l’avons baptisée étant la seule fille du bataillon. Cheveux aux vent, longs et blonds évidemment, possédant une poitrine des plus aguichante, elle vous ferait se retourner un mort dans sa tombe.

Tout le monde a bien sûr essayé de la draguer. Personne à ce jour n’a encore réussi ce tour de force. C’ est vraiment comme dans la chanson de Joe Dassin lorsqu’il dit « Elle m’a dit d’aller siffler là-haut sur la colline, de l’attendre avec un bouquet d’églantines, etc...etc... ». Ben quoi, je vais quand même pas vous chanter toute la chanson, vous n’avez qu’a vous payer le disque. En tout cas, c’est comme cela que çà se passe. A croire vraiment qu’on se butte sur un iceberg détaché de sa banquise, comme celui qui se promène quelque part entre l’Inde et Madagascar, et qui se joue de tout en ne voulant pas fondre.

Nous avons quand même remarqué que cet iceberg (entendez par-là « la Gonzesse » ou Yolande si vous préférez) aurait l’impression de fondre lorsqu’il est en présence de Jérôme. En effet, Yolande s’intéresse vivement à celui-ci, et essaye par tous les moyens d’attirer ses bonnes grâces.

 

Elle s’est proposée dernièrement à Jérôme comme secrétaire bénévole, tout en faisant un stage chez lui, car elle a fini ses études de secrétariat et a obtenu son diplôme avec mention. Il faut croire que Jérôme n’a rien compris ou n’a pas voulu comprendre, car il lui a répondu que pour l’instant il n’avait besoin de personne. De toute manière Yolande ne se tient pas pour battue.

A chaque fois qu’elle peut, elle s’occupe des enfants de Jérôme qui l’adorent. Elle ne lésine pas sur les moyens. Une glace par-ci, un tour de manège par-là, une petite ballade de temps à autre, un passage à la piscine, quelque fois un petit cinéma, sans oublier aussi les jours de baby-sitting quand Jérôme est submergé, bref tout ce qui tombe sous la main pour se faire accrocher royalement par ces jumelles. Toutes choses que leur adoré papa ne sait pas faire, non pas parce qu’il ne veut pas, mais bien parce que trop souvent pris par son travail.

Il y a ensuite un petit groupe de quatre : « Les inséparables ». Ce sont des joueurs de belote. Ils ont tellement la belote dans le sang qu’ils ont réussis l’exploit de pouvoir la jouer en moto ! Figurez-vous ! Maintenant bien entendu, on trouve cela normal, avec les ordinateurs actuels qui sont de plus en plus petits, et avec les gsm nouvelle génération il faut s’attendre à tout. Un vrais régal quand ils jouent à la belote. Ce sont Patrick, Gunther, Joseph et Pierre. Tous les quatre ont 25 ans. Des gaillards solides qui n’ont pas froid aux yeux et dont il vaut mieux avoir comme amis plutôt que comme ennemis.

Patrick tout d’abord, dit « Le tatoué ». Ancien marin ayant bourlingué et navigué sur toutes les mers, y compris la Mer Noire, la Mer Rouge, mais pas la mer de Charles Trenet (tout comme dans la chanson « Un clair de lune à Maubeuge » (chanté par Bourvil) dont vous n’avez qu’a acheter aussi le disque si vous voulez écouter les paroles.

 

C’est durant cette période qu’il s’est fait faire les innombrables tatouages qu’il a sur le corps, en passant par le traditionnel cœur transpercé d’une flèche, le petit papillon, sans oublier le sempiternel « Je t’aime » (moi non plus...chanson de Serge Gainsbourg - oui je sais, vous pouvez aussi acheter ce disque), une belle nana sur une moto de rêve évidemment, et en terminant par un boa qui fait trois fois le tour de son corps. Bien sûr je ne peux pas énumérer tous les tatouages qu’il a, le mieux serait de le voir au naturel tellement il est resplendissant.

 

En tout cas, méfiez-vous des marins, ce ne sont pas des enfants de cœur, surtout lorsqu’ils ont le vent en poupe.

Gunther le moustachu, ou « Moustache ». Aussi fier de sa moustache qu’un paon peut l’être quand il fait la roue. Il fait office de sorteur dans un dancing de la région. Ben quoi, on gagne sa vie comme on peut, et un proverbe dit bien qu’il n’y a pas de sot métier.

 

En tout cas, mis à part le tout premier mois, étant donné qu’il n’était pas connu, il n’y a plus de bagarre dans ce dancing. Comme il risquait de se rouiller, il s’est inscrit dernièrement dans un club où l’on pratique la boxe française. Cela lui permet de garder la forme tout en se défoulant afin de conserver tous ses réflexes.

Joseph, c’est « Pipo ». Pourquoi Pipo ? On n’en sait fichtre rien. Il faudra qu’on se renseigne pour savoir ce qui peut motiver ce surnom. En tout cas il n’est pas gros notre Pipo; mais il faut bien se garder des faux maigres. Un jour je l’ai vu faire tout seul le nettoyage par le vide d’un bistro, où cinq crétins voulant jouer aux fiers à bras se sont retrouvés vite fait bien fait au devant de la porte. Ils ont valsés dans les airs à une vitesse vé prime, et cela sans casser une seule vitre ! L’air de rien Pipo !

 

On dit de lui que c’est un braconneur né. Aussi bien pour la pêche que pour la chasse, dont il ne possède aucun permis, il connaît toutes les ficelles et les endroits où se placer, car au grand jamais il n’est revenu bredouille. De plus, il est rusé comme un renard, on n’a jamais réussi à le prendre sur le fait. Le garde forestier qui doit le pincer, à mon humble avis n’est pas encore né.

Pierre, connu sous le nom d’« Hercule ». Un routier super sympa, doté d’une force herculéenne, vous avez tout à fait compris pourquoi ce surnom d’Hercule. Une de ses spécialités entre-autre est le bras de fer. Vous savez, ce jeu qui consiste à coucher le bras de son adversaire sur la table.

 

Ce jeu (qui serait plutôt une épreuve de force) en général se joue à deux; chacun des adversaires est placé en vis-à-vis, coude contre coude et appuyés contre la table, la seconde main levée pour bien montrer qu’on ne s’en sert pas pour avoir un avantage quelconque, et où chacun force l’autre a abaisser le bras.

 

J’ai déjà vu des joueurs corser le jeu en ajoutant uns planche remplie de clous, d’autres placer une bougie de chaque côté, ou des morceaux de verres, et aussi une fois avec des scorpions (mais çà c’était dans un film dont je ne me rappelle plus le titre). Enfin bref, à ce jeu-là, notre ami Hercule est toujours actuellement invaincu. Et si je peux vous donner un conseil (malgré qu’on ne suive pas les conseils qu’on vous donne, allez savoir pourquoi, mais tant pis pour vous, un homme averti en vaut deux), ne le provoquez pas à ce jeu-là; certains des candidats qui ont voulu à tout pris le tester, se sont fait déchirer le muscle du biceps ou casser le bras carrément.

 

Cela ne l’empêche pas pour autant d’être quelqu’un d’aimable et serviable. Besoin d’un coup de main pour déménager, Hercule est là pour vous aider à porter le piano du grand-père, la commode de la grand-mère, vous savez, celle qui ne se démonte pas (mais non, pas la grand-mère; les anciens meubles c'était quand-même plus solide que maintenant), où de tout autre objet dont vous êtes incapable de déplacer tout seul.

Notre regard est ensuite attiré, chose incroyable mais pourtant vraie, vers un gars à la tenue impeccable, irréprochable. Pas un seul faux plis ne vient froisser le beau costume que voici. D’allure bien stylée, genre britannique si vous voyez ce que je veux dire, ne cherchez plus, vous avez bien deviné, c’est naturlich de John qu’il s’agit.

 

Il mérite bien son surnom : l’« English », qui lui va comme un gant (même s’il en porte une paire). Toujours bien nippé, de la tête aux pieds, et qui plus est, ne se promène jamais sans son parapluie. La raison qu’il nous a donnée : « On ne peut pas faire confiance aux avis météo, quels qu’ils soient, ici en Belgique ou ailleurs ».

 

Mais nous savons aussi que c’est pour une autre raison, car figurez-vous que nous avons appris que son parapluie pouvait se transformer en une splendide épée. Encore un gadget et une personne qu’il vaut mieux éviter si on ne veut pas se faire piquer. John, l’« English », a évidemment décidé (cela va de soi, avec le surnom qu’il possède) d’apprendre l’anglais par la méthode « Assimil ».

 

Comme ses parents sont riches, il n’a pas besoin de se tracasser question finances, et encore moins pour ce qui est boulot. Il aurait bien trop peur de souiller ou froisser ses vêtements par le travail qu’il devrait fournir, et de ce fait, laisse les emplois à ceux qui veulent bien travailler. On a eut beau lui dire « Le travail c’est la santé », il répond immanquablement sur l’air bien connu de Henri Salvador « Rien faire c’est la conserver ... » pour le reste de la chanson, achetez le disque (c’est bien connu).

Ayant pour lui les moyens, il se permet d’être toujours à la mode. Cela l’amène parfois dans des situations un peu cocasses, comme le jour où nous l’avons vu vêtu d’une jupe ! Oui oui, j’ais bien dis une « jupe ». Un jour, un créateur un peu farfelu, a décrété naturellement que les hommes pouvaient porter la jupe. Après tout, pourquoi pas, puisque les femmes, elles, mettent bien des pantalons; ce qui est dommage car elles perdent non pas leur vertu, mais leur féminité ! Ce jour-là en tout cas, nous n’en pouvions plus; nous avions mal au ventre tellement nous avions ri.

Une tache sombre vient faire contraste dans ce joli tableau, car voici qu’apparaît André dit « le Fauché ». A croire qu’il n’a rien d’autre a se mettre que les seuls vêtements que nous lui connaissons : un pantalon blue-jeans, une chemise à carreaux style écossais, des chaussettes couleur marron, des souliers noirs, et si c’est en hiver, vous lui rajoutez un pull col roulé bleu, et une veste fourrée grise plus une paire de gants en laine pour les grands gels. Je n’ais pas dis pour autant que c’était un sale garçon ! Non, mais plutôt le genre « je m’en fou », et un peu délaissé.

Il est au chômage depuis qu’il a quitté l’école, et il serait temps pour lui de trouver du boulot. Il faut dire aussi qu’il est orphelin et a toujours été en pension. Dans le fond, c’est un bon gars; toujours prêt à rendre service. Jugez plutôt : quel que soit le problème, excepté financier naturellement, il se décarcasse pour vous dépanner.

 

Il peut vous dire où trouver le timbre qui manque à votre collection, le disque version originale que vous recherchez, la pièce de rechange d’une ancêtre (voiture ou moto), et je vous parie même qu’il vous indiquera aussi où vous procurer le bouton de culotte le plus original. Vous devez prendre le train, avec lui pas de soucis, il connaît les heures de départ ou d’arrivée par cœur (celle de la région spadoise bien sûr, pas celle du pays, faut pas pousser quand même).

Vous en voulez plus ?

 

Il vous conseillera d’acheter cette boîte de conserve au Sarma plutôt que dans un Delhaize; certains produits blancs dans tel ou tel magasin, et un article dans cette droguerie au lieu d’une autre. Bien que ne possédant pas beaucoup d’argent, il vous dira d’aller dans ce restaurant si vous désirez bien manger et bon marché, ou si vraiment le cœur vous en dit (mais à vos risques et périls) cet autre restaurant où l’on mange mal et où l’addition est comme un coup de fusil (parfois à deux coups si on s’est fait accompagner !).

 

Une petite réparation à faire, un coup de peinture à donner, un coup de main quelconque, hé bien faites-lui confiance, cela vous reviendra moins cher que d’appeler le spécialiste. En tout cas n’hésitez pas à faire appel à ses services pour la bonne occase, car c’est son hobby préféré que de flâner dans les magasins.

Deux gars sont en train de se disputer. Y aurai-t-il du grabuge au sein du club des 22 ?

 

Un cercle vient de se former où l’on entend des cris d’encouragement tantôt envers Rogier, tantôt envers René. Allez maintenant savoir qui est Rogier et qui est René. Car bien sûr comme vous l’avez compris, il s’agit là de vrais jumeaux (remarquez que je n’ais pas dis « deux jumeaux », parce que dans ce cas ils auraient étés quatre; or on sait que des jumeaux sont toujours à deux, mais tout le monde fait cette erreur !). Ce qui de toute manière ne nous arrange pas lorsque l’on appelle l’un des deux. Ils n’en font qu’à leur tête et viennent toujours ensemble; à croire qu’ils aiment bien narguer celui (ou celle) qui a appelé l’un d’eux.

Tout motif leur est bon pour entamer une bataille. Il suffit d’un rien, et les voilà qui se chamaillent comme chien et chat pour un oui pour un non. Faut dire qu’ils pratiquent la lutte en simples amateurs, mais veulent se lancer dans le monde du spectacle, car ils aiment faire les clowns, ainsi que de la prestidigitation (ouf, je l’ai dis sans me gourer). Ce sont eux qui animent nos soirées d’hiver et qui sont également réquisitionnés à l’occasion de chaque fêtes organisées pour un des membres du club, ou parfois aussi dans les maisons de retraites de la région, auxquels ils apportent un peu de gaieté aux pensionnés.

On n’oubliera pas non plus Albert. « Pépé » que nous l’avons baptisé. C’est le plus âgé du club des 22. Il a 45 ans, et nous sommes fiers de l’avoir dans notre groupe. Pensez donc ! Chaque fois que l’on va pique-niquer, qui c’est qui nous fait à manger ? C’est notre ami « Pépé ».

 

Un véritable virtuose de la cuisine, peu importe quelle soit française, grecque, italienne, chinoise ou japonaise, il l’a pratique comme un art. Sa devise est : « Pour bien manger, il faut d’abord bien cuisiner, et pour bien cuisiner, il ne faut pas être pressé » (mais non voyons, pas comme un citron !). Rien que d’en parler, j’ai les papilles qui se mettent à danser, car avec lui on s’est toujours bien régalé.

 

Bien sûr il pratique cet art également dans son restaurant auquel vous êtes évidemment conseillé d’y faire un passage. Son restaurant porte le joli nom de : « C’est ici qu’on les pètes ! ».

 

Oh, n’y voyez certes pas une allusion quelconque et vulgaire, le nom qu’il a choisit n’a rien à voir avec les mauvaises pensées qui vous viennent à l’esprit ! Non, c’est de patates ici qu’il est question. Ces pommes de terre en question sont cuites sur des braises (en Wallon, on appelle cela des pétées crompires ! Ou quelque chose dans ce genre. Excusez l’orthographe wallonne mais je ne suis pas un grand spécialiste).

J’ais maintenant l’honneur et la joie de vous présenter notre « Don Juan » national. Il s’appelle Christian. Ce n’est pas un Adonis, ni le plus beau de notre comité, mais il possède une façon bien à lui de racoler les nanas qu’il s’envoient derrière la cravate, si toute fois on peut parler comme çà.

 

Elles (les nanas), tombent toutes dans le panneau; il leur demande de venir admirer ses estampes japonaises ! La curiosité des filles est bien connue; toutes veulent savoir ce que c’est des « estampes », et elles disent oui naturellement. Une fois arrivée sur place, la conversation ayant entre temps changé de sujet, volontairement ou de façon involontaire, allez savoir, cela se termine toujours par un jeu de jambes en duo.

 

Méfiez-vous mesdames (et vous aussi mesdemoiselles) lorsqu’une personne vous invite chez elle à venir voir ses estampes japonaises (ou chinoises). Vraiment , on ne connaît qu’un seul échec chez Christian : celui de la « Gonzesse ». T’a déjà oublié qui c’est ? Ben voyons c’est la sœur de Serge, l’iceberg, Yolande, celle qui courre après Jérôme !

Bon ! Passons à autre chose. Sujet bien différent dans notre assemblée.

 

Figurez-vous que nous avons « le Sportif » de haut niveau dans ce fameux club. Sportif c’est beaucoup dire ! Mais voyez un peu, à côté de notre « Don Juan », voici venir le « Roi du flipper », qui n’est autre que Claudy. Fort difficile de lui prendre sa place lorsqu’il est comme une sangsue collée à son sport favori.

 

Nous, nous appelons cela un jeu ! Lui il dit un sport ! Dernièrement, il a ramené un flipper chez lui; il en a même acheté un miniature qu’il emporte avec lui lors de nos randonnées. En tout cas il est la terreur des cafetiers, et également celle des cafetières (mais non, pas l’ustensile qui sert à faire du café, vous savez bien que cafetier au masculin, fait cafetière au féminin), c’est toujours lui qui rafle les prix lorsqu’ils organisent un concours.

 

Nous , nous faisons toujours office de figurants pour faire augmenter le nombre des candidats, et à la dernière minute, qui s’inscrit en catimini ? Eh bien le « Roi du flipper », notre bon copain Claudy. Du coup notre moral est à zéro. Nous perdons tous nos moyens, et le premier prix s’envole chez Claudy. Malgré cela, lorsqu’il gagne le prix, Claudy a bon cœur, et la plus part du temps, il en fait cadeau à celui qui aurait bien aimer le gagner.

Comme toute société qui se respecte, j’ai aussi l’avantage de vous présenter François notre avocat de l’année. Bien entendu, on ne peut pas encore l’appeler Maître car il doit seulement passer sa thèse dans un an.

 

C’est notre « Intellectuel ». Déjà très calé; c’est d’ailleurs sur ses conseils judicieux que Jérôme a gagné un procès intenté par une drôle de bonne femme qui se disait enceinte de lui. Chose complètement absurde qui a été réfutée et de toute évidence prouvée. Il avait suffit de demander un test ADN pour prouver qu’effectivement Jérôme était bel et bien innocent, mais la bonne femme en question s’est désistée. Elle a préférer se retirer sur la pointe des pieds. Nous avons appris plus tard qu’en fait d’enfant, elle avait un gros ventre en mettant un coussin.

Il y a aussi Constant le « Flic », Marc surnommé « Popeye » à cause de sa pipe; Léandro dit le « Rital » vu ses origines, Antoine communément appelé « Barbe Noire » tellement celle-ci est épaisse et noire de surcroît. Charles, le « Rouquin », ben oui quoi, vous avez bien devinez que c’était sa chevelure qui en est responsable. Tiens, voici Bernard le « Plouc » de notre bataillon; il est en permission aujourd’hui. Trois mois encore et ce sera la démob pour lui, sans oublier la virée traditionnelle en ces cas-là. Sauf s’il décide de faire carrière à l’armée, son nouveau surnom est déjà tout trouvé. On lui a réservé « Adonis ». Ce n’est pas un Dieu naturellement, mais physiquement c’est le plus beau de notre groupe. Hé oui, que voulez-vous, l’armée çà vous forme son homme.

Comme je suis impardonnable, j’allais oublier notre Luis Mariano national dit le « Rossignol ». Il s’agit bien sûr de notre guitare accompagnée de son Johnny. Evidemment vous avez compris et automatiquement rectifié par Johnny et sa guitare.

 

Il connaît tous les tubes de l’année. Une nouveauté sort, et Johnny se met à l’ouvrage en l’apprenant par cœur. Il connaît le répertoire complet de Luis Mariano qu’il imite parfaitement. Ses disques sont toujours d’actualité (ceux de Luis bien entendu, et vous pouvez toujours vous les procurer chez votre disquaire attitré). Il fait partie aussi des copains qui animent nos soirées avec les jumeaux (non, pas Luis, mais Johnny).

Ais-je bien présenté tout le monde ? Voyons un peu, nous sommes 22. Il y a eut Serge et sa sœur Yolande, Les 4 inséparables joueurs de belote (Patrick, Gunther, Joseph et Pierre). Cela nous en fait déjà six. Viennent ensuite John l’english, André le fauché, les jumeaux René et Rogier, et Pépé le cuisinier. Cela en fait encore quatre. Pardon , cinq car (répétition) tout le monde sait que les jumeaux vont par deux. Donc nous en sommes à onze. Je vous ais ensuite parlé de Christian le Don Juan, Claudy le sportif, notre avocat François, Constant le flic, Marc et sa pipe, Léandro le rital. Si le compte est bon nous obtenons dix-sept. J’ais continué par la barbe-noire d’Antoine, Charles le rouquin, Bernard le plouc et Johnny le rossignol. Conclusion : j’en ais oublié un. Ha oui, maintenant je me rappelle qui c’est. Le voici qui passe justement : l’« Eclair ».

L’éclair, c’est notre petit futé japonais. En réalité il s’appelle Shu-Yen. Pourquoi l’éclair ? Parce que simplement comme tout japonais qui se respecte, Shu-Yen est passé maître dans les arts martiaux. Un vrais Samouraï. Il est tellement rapide dans ses exécutions qu’on ne voit pas comment il procède lorsqu’il se bat. Le judo, le karaté, le jiu-jitsu et tous les autres noms imprononçables, font partie de ses sports favoris. Je crois que tout le monde comprend cela.

 

Autre corde à son arc, c’est un passionné de l’électronique et de la photo. Il reçoit par ailleurs régulièrement les dernières nouveautés bien avant qu’elles ne soient commercialisées. En effet, il a pour mission de tester tous les appareils que fabriquent ses parents. Du plus simple au plus sophistiqué, pouvant servir aussi bien à l’amateur qu’au professionnel, sans oublier pour autant l’espion genre OSS 117, Dereck Flint ou encore James Bond 007.

Et voilà. Le premier tour d’horizon s’est terminé par la présentation de toute cette association. Nous pouvons dès à présent entamer la lecture du prochain chapitre en ayant soin avant de passer à la page suivante.

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2 : Faux départ

C’est ainsi qu’au mois de juillet, par une belle journée ensoleillée, comme on en voit rarement chez nous, que tout ce beau monde s’apprêtait à partir en congés. On entendait chanter les oiseaux dans ce vert feuillage qui nous entourait de toutes parts. On voyait virevolter les hirondelles bien haut dans le ciel, sans l’ombre d’un nuage à l’horizon, signe de bon présage. Un soleil éclatant déjà levé depuis quelque temps, annonçait doucement dans la clarté de cette matinée, qu’il allait réellement nous gâter.

C’était la veille, pour nous les 22, que nous avions décidés de partir en congé, en accompagnant Jérôme. Celui-ci avait organisé sa période depuis bien longtemps, et ne s’attendait vraiment pas à nous voir tous arriver, et l’accompagner dans sa période de festivités. Il avait pour ce faire choisi ce lieu de délices bien connus de la ville de Paris.

 

On se voyait déjà conquérir cette capitale, montés sur nos chevaux d’acier. Ce jour-là donc, il régnait une effervescence au village et plus particulièrement chez Jérôme qu’on attendait encore. Il faut dire qu’il était très prévoyant, et avait voulu à tout prix emmené avec lui un atelier roulant afin de pouvoir réparer les dégâts qui auraient pus y avoir en route. .

Enfin, le moment tant attendu de tous arriva. Tout le monde était en selle, excepté Jérôme, ses deux filles, Caroline et Veronique, ainsi que le Chef, qui avaient pris place dans la voiture de Jérôme. La remorque (atelier roulant) était fixée. Tout avait été contrôlé. Nous pouvions démarrer. On n’eût pas à le dire deux fois, déjà nous faisions hurler nos moteurs de plaisirs.

Alors que le convoi se mit en route, dirigé de mains de maître, en l’occurrence par l’ami Constant (notre flic adoré, car il a déjà fait sauter plus d’une contravention dans notre club), le facteur Jules, car il s’agissait bien de lui, criait à tue-tête et fonçait comme un taureau enragé en disant : « Arrêtez, arrêtez bon sang ! Il y a une lettre express pour Jérôme ! Mais arrêtez donc bon Dieu ! »

Bien sûr, Jérôme est en tête du convoi et n’entend strictement rien dans sa voiture. Il n’entendrait pas plus pour la cause si même il était hors de sa voiture ! Cela, vous vous en doutez ! Avec toute cette pétarade des 22, ce n’était certes pas une mouche qu’on entendrait voler. Imaginez le tableau, où chacun de nous y va de bon cœur avec la poignée de gaz, et où chacun a tour de rôle en met un peu plus.

 

Vrrroum, vrrroum, vrrroum, et re vrrroum, vrrroum, vrrroum, et re re vrrroum, vrrroum, vrrroum. Un véritable concert, un peu comme dans une symphonie (pas celle de Mozart ni de Beethoven, ou tout autre bien connu comme Strauss, etc ...etc... - adressez-vous à votre disquaire !!!).

Heureusement pour Jules (le facteur), Serge avait des ennuis avec son carburateur. Son moteur était noyé (non il n’a pas coulé), et Serge n’avait pas pu démarrer en même temps que les autres. A dire vrai, il n’avait pas démarré du tout ! Déjà il s’énervait sur sa machine qui pourtant avait été révisée la veille. Il avait beau essayer de la mettre en marche, mais la moto avait l’air d’être aussi têtue que l’ami Serge.

Ce que voyant le facteur, Jules profita de l’occasion inespérée qui lui était offerte, piqua un sprint digne de Gaston Roulaents (un marathonien et champion olympique bien connu en ces temps-là), et réussi l’exploit de rejoindre notre bon ami Serge. Il était heureux Jules ! Il était heureux mais tout essoufflé ! Tout essoufflé d’avoir couru (Gaston était naturellement plus jeune que notre bon Jules).

 

Il était aussi essoufflé que Serge, qui lui n’avait pourtant pas couru. Après les trois bonnes minutes de récupération nécessaire pour rétablir enfin sa respiration normale, Jules eût enfin le loisir d’expliquer la situation à Serge. Il fallait à tout prix remettre cette lettre express à Jérôme.

Donne-la moi dit Serge, je la lui remettrais en mains dès que je l’aurais rattrapé.

Je ne peux pas affirma Jules, c’est interdit par notre règlement et je n’ai pas envie de me retrouver au chômage.

T’a pas besoin d’avoir peur de ce côté-là, je ne dirais rien à personne; de plus, tu sais que c’est mon patron et que nous partons en vacances. L’avance qu’il a déjà prise et le temps que je mette pour le rattraper, il aura encore fait quelques bons kilomètres. De plus si cette machine ne se dépêche pas de vouloir démarrer, il faudra encore plus de temps, et plus encore si on commence à discuter comme de vieilles grands-mères qui veulent à tout prix avoir raison toutes les deux.

Ca va dis Jules, prends la lettre mais surtout ne la perd pas. Je vais te pousser, et que ceci reste bien entre nous. Serge pris la lettre et la plaça dans une de ses sacoches.

Ils coururent ensuite tous les deux en poussant la moto. Enfin, après une bonne vingtaines de mètres, le moteur commença à tousser (non, il faut pas donner du sirop à la moto), émit les signes d’explosions. Serge en profita pour sauter sur son engin, mit les gaz à fond, et la moto démarra.

 

Elle démarre si bien que Jules en perd l’équilibre et fait sûrement le plus beau plongeon de sa vie ( bien qu’il soit difficile de nager sur une route) et certainement la plus rapide expédition de lettres de sa carrière. Vous pouvez naturellement imaginer le tableau d’ici (qui n’est pas peint par Van Gogh, pas plus que par le Titien ou Rubens ou qui sais-je encore quelqu’un d’autre), non, son sac s’est complètement vidé de tout son contenu.

 

Pestiférant contre tous les motards de la terre, Jules se relève tant bien que mal, et commence à ramasser le courrier étalé sur ce macadam qui déjà commence à chauffer.

Entre-temps, Serge qui n’avait rien remarqué, tout heureux d’avoir pu démarré, n’avait qu’une seule idée en tête : « rattraper et prévenir son patron aussi vite que possible ». Il fonçait à toute allure notre bon ami Serge. Aussi vite, si pas plus vite que le grand Agostino ( vous savez, celui qui fut une dizaine de fois vainqueur en 500cc sur le circuit de Francorchamps), et tout ça pour rattraper Jérôme.

Bien entendu, le convoi s’était arrêté après avoir effectué quelques kilomètres, s’étant aperçu de l’absence de Serge. Ils l’attendaient tous avec impatience, se demandant encore ce qu’il pouvait bien fabriquer et la raison pour laquelle il était en retard. L’impatience ne devait plus durer longtemps car au bout de cinq minutes, le dit bolide annoncé quelques lignes plus haut (pas Agostino bien sûr) arrivait à grande vitesse. A si grande vitesse que Serge n’y vit que du feu.

Nom de Dieu ! S’écria-t-il, les apercevant plus tôt qu’il ne pensait, mais réalisant trop tard qu’il était en train de doubler le convoi. Il freina à mort, rétrograda toutes ses vitesses, mais beaucoup trop vite à l’insu de sa moto. On entendit plusieurs craquements et l’on se demandaient tous ce que c’était. On apprit plus tard en fait que les pignons de la boîte de vitesse n’avaient pas résistés, et qu’ils avaient perdus plusieurs dents chacun (non, pas chez le dentiste) et qu’il faudra les remplacer !

Entre-temps, Serge dérapait sur une distance de trente mètres en se demandant comment cela allait finir. La réponse ne tardât pas à suivre. Dix mètres après le convoi, il y avait un tournant avec un petit mur en pierres du pays, et en contrebas un ruisseau. Le muret en question a retenu la moto, tandis que Serge effectua un plongeon dans un style tout à fait différent que ceux fait par Johnny Wesmuller ancien champion national (de son pays!) mondial et olympique, et qui a été engagé dans beaucoup de films pour faire Tarzan !

 

Il fut amorti (mais non pas Tarzan, Serge voyons) par l’eau bienfaisante du ruisseau. Il venait de prendre encore, et une fois de plus, une fameuse pelle (jargon employé en moto pour celui qui fait une chute). Heureusement pour lui, plus de peur que de mal. Ce qui n’était pas le cas de sa moto, qui avait plus de mal que de peur, lorsqu’on regarde cette dernière et qu’on découvre l’état lamentable de celle-ci.

Shu-Yen dit « l’Eclair », naturellement était en fête, car bien sûr, toujours à l’affût, de façon à pouvoir tester son matériel éblouissant, ne rata pas l’occasion de mitrailler, à l’aide de ses appareils, cet exploit formidable (et peut-être unique en son genre), depuis l’arrivée du bolide jusqu’à l’atterrissage forcé, se terminant de façon un peu trop humide pour cet énergumène de casseur.

Yolande arrivant sur les lieux, et voyant toujours son petit frère assit au beau milieu des flots, s’écria : « Bravo, mais pourquoi ne m’as tu pas dis que tu devais encore prendre ton bain ? On t’aurait attendu sans pour cela avoir besoin de te faire remarquer ».

 

Sur quoi Serge répondit : « Tu as bien raison sœurette, lance-moi donc le savon que j’en profite un peu; cette eau est vraiment délicieuse et avec le temps que nous avons actuellement, cela me fait du bien. N’oublie pas de m’apporter du bain mousse, et en sortant referme la porte, tu sais que j’ai horreur des courants d’air ».

Belote, re-belote et dix de der, annonça Pipo en montrant ses dernières cartes. Comptant les points, il dit : « 6 pour vous, 10 + 2 de la belote font 12 pour nous ». A toi les cartes Hercule, dit-il en les lui donnant. On continuera plus tard la prochaine donne; allons un peu voir la cause de tout ce remue ménage. Nous avons nous aussi le droit de nous marrer.

Tous, nous étions tous venus aux premières loges. D’abord pour voir la moto bien sûr (car comme vous le savez, chez les motards, la moto c’est sacré!), et ensuite pour prendre malgré tout des nouvelles de l’infortuné Serge qui venait allègrement de quitter cette route.  Yolande profita d’un instant d’accalmie pour fredonner cet air bien connu des enfants de chez nous en vogue actuellement :

 
« Un petit canard au bord de l’eau, il est si beau, il est si beau, un petit canard au bord de l’eau, il est si beau qu’il est tombé dans l’eau. Plouf ! »


Ha ! Ha ! Ha ! C’est malin ! Hein !
Et très spirituel surtout venant de ta part lui dit Serge, alors que tout le monde riait à gorge déployée. Si tu viens me rejoindre, on pourra fredonner ensemble le second couplet. Nous ferions il me semble un duo de choc. Qu’en penses-tu ?

Non merci lui dit Yolande, rappelle-toi que je me suis déjà baignée ce matin à la maison. Et puis d’ailleurs je n’ais pas l’habitude de me montrer en spectacle, d’autant plus que tu ne paie jamais de droit d’entrée. Et toc, en voilà encore une de bien placée pour ta gouverne ! Serge se décida enfin à se relever. Il lui fallût un sérieux coup de main pour remonter sur la route. Tant bien que mal, la malheureuse moto termina momentanément sa course dans l’atelier roulant de Jérôme.

Notre zélé Constant ( le flic bien aimé ) n’avait pas perdu son temps; très occupé en ces instants, réglait la circulation et faisait évacuer les badauds, afin d’empêcher qu’il n’arrivât un bouchon. A propos, pourquoi dit-on toujours un bouchon? Un bouchon c’est normalement pour mettre sur une bouteille; et j’ais beau regarder autour de moi, mais pas l’ombre d’une bouteille à l’horizon.

 

J’aperçois bien un tesson de bouteille, sûrement encore un touriste quelconque qui prend notre si belle région pour une vulgaire poubelle. Ce n’est pourtant pas les poubelles qui manquent. Non content de vous embêter ( pour ne pas dire « emmerder ») en roulant royalement à trente à l’heure, au premier arrêt qu’ils font, c’est un cendrier que l’on voit miraculeusement se vider dans la nature. Après cela, il faut appeler les pompiers pour éteindre l’incendie qui ravage souvent de belles contrées.

Enfin bref, notre problème n’est pas là pour l’instant, et notre ami Constant a déjà assez de boulot comme cela sans devoir en plus s’occuper des malpropres qui du reste n’attendent généralement pas qu’on leur courent après.

Le chef, très affairé autour de la moto, constatait les dégâts. Hum ! Fit-il l’air soucieux. La roue avant bien voilée, le phare n’est plus relié sur la moto (on dirait qu’il a pris une nouvelle fonction, indiquer l’endroit où il faut faire attention. Il faudra aussi l’alimenter! Peut-être qu’il y aura un emplois à pourvoir!). Toujours en train de faire le relevé des dégâts, le chef constate avec effroi que la boîte de vitesse est en compote.

Chef ! Demande Yolande, tu ne pourrais pas te renseigner auprès de la firme pour savoir si elle fabrique des pignons en roseaux ?

 

En roseaux beugla Serge ! T’es dingue ou quoi ? Ca ne va pas dans ta caboche ? Non mais voyiez-vous ça ! En roseaux ! Et puis d’ailleurs pourquoi spécialement en roseaux, et pourquoi pas en plastic ou en papier mâché ?

Si tu avais eu de meilleures notes en français rétorqua Yolande, tu saurais que dans la fable de Jean de la Fontaine « Le chêne et le roseau », il y fait mention de cette phrase bien connue : « Le roseau plie mais ne rompt point », d’où l’intérêt qu’il y a d’ avoir des pignons en roseaux.

HA HA HA ! S'esclaffa le rouquin. C’est la meilleure de l’année lui dit-il plié en deux; au moins tu ne serais plus embêté avec tous ceux que tu as cassés ! A ta place, je ferais breveter cette idée géniale.

Enfin Serge réussi quand même à prévenir son patron que le facteur avait une lettre expresse à lui remettre. Avec les événements qui viennent de se dérouler, il oublia de dire qu’il avait celle-ci dans une de ses sacoches.

 

La malheureuse moto de Serge sur la remorque, et déjà le chef se mettait à l’ouvrage. Le fauché, en l’occurrence André, invita Serge à prendre place derrière lui. Le convoi se remit en route non plus pour Paris, mais retour en arrière, comme dans le jeu de l’oie ou comme dans un replis stratégique au moment d’une grande bataille, pour ensuite mieux sauter.

Lorsque nous arrivons en vue de notre beau village, au centre de celui-ci, on aperçoit un tableau bien étrange.

 

Tous les habitants sont sur la place. Ils se bousculent à qui mieux-mieux pour récupérer leur correspondance. Car au moment du drame qui s’est produit rappelez-vous, après avoir poussé la moto, quelques villageois ayant assistés à cet incident, ameutèrent la population, tant et si bien, qu’il n’y avait même plus de place pour y mettre un chat.

Il n’en fallait pas plus à notre ami Claudy, qui profitant de cet arrêt momentané et prolongé, alla exercer ses talents sur le flipper du café du coin. Je ne sais pas pourquoi on dit toujours « le café du coin », celui-ci étant placé dans un virage, on devrait plutôt dire « Le café du coin de la rue qui tourne ».

 

Quelques autres motards en profitèrent aussi pour se rincer le gosier. Serge offrit un verre à André pour le remercier, Johnny en profita pour mettre une tune dans le bastringue (juke-box de cette période pour les illettrés), Christian voyant une occasion de plus pour draguer en profita en essayant d’amadouer la nouvelle petite serveuse qui n’en demandait pas plus, connaissant bien sa réputation.

On ne sait pas comment elle y est parvenue, toujours est-il que cette fouineuse de Yolande se trouve au premier rang. A croire qu’elle est plus petite qu’un chat !

 

Bravo Jules s’adresse-t-elle au facteur, pour une fois tu as été rapide aujourd’hui dans la distribution de ton courrier; c’est une méthode qui demande réflexion et que tu devrais approfondir !

 

C’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd répondit Jules. Je vais aujourd’hui même envoyer une pétition à la régie, et demander une autorisation au maire pour installer une aubette sur cette place. Ceci m’évitera de marcher les kilomètres inutiles, d’avoirs des ampoules (pas électriques) ou des cors (mais non, pas des cors de chasse) aux pieds. Autre avantage, j’aurais enfin du temps libre pour aller pêcher la truite les après-midi. Merci Yolande pour ta bonne idée.

Au bout d’un quart d’heure, la place s’était vidée. On pouvait apercevoir par-ci par-là, les chats enfin heureux de reprendre possession de leur bien et gambader de nouveau dans les sentiers, ou jouer au chat perché. Finalement Jérôme put s’adresser à Jules pour recevoir son enveloppe.

Comment ! S’écria Jules très étonné ! Je l’ai remise moi-même à ce petit morveux de Serge, qui pour me remercier après l’avoir, m’a laissé en cadeau ce somptueux vol plané. J’en suis encore tout contusionné, et j’espère bien que cela n’arrivera pas aux oreilles de mes supérieurs, car je pourrais alors m’inscrire au chômage. En tout cas si je me rappelle bien, je l’ai vu placer l’enveloppe dans une de ses sacoches. On s’en assura auprès du chef qui l’ayant effectivement trouvée, vint la lui apporter.

Tout est bien qui fini bien dans cet épisode. Jérôme rassura Jules en lui disant que cette épopée ne sera pas divulguée, et qu’il ne devait pas s’en faire en ce qui concerne les oreilles de ses supérieurs. C’est quand même pas vous, amis lecteur de ce roman, qui aller créer des ennuis à notre bon Jules n’est-ce pas ?

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3 : Changement de programme

 

C’était une lettre qui venait de France; de Gérardmer plus exactement, expédiée par un notaire: maître Beaucannon. Ayant tout entendu, car Jérôme lisait à voix haute, une petite voix saugrenue s’exclama : avec un nom pareil, il ne doit pas coucher dehors celui-là ! Bien sûr vous avez reconnu sans aucune difficulté, que seule la gonzesse pouvait ainsi s’exprimer; car c’était bien d’elle qu’il s’agissait.

Cher Monsieur Jérôme, ainsi s’intitulait la lettre de maître Beaucannon, j’ai la désagréable mission de vous faire part du décès de votre arrière cousin Germain. Celui-ci étant resté sans famille, vous êtes son dernier parent, et j’ai l’agréable surprise de vous annoncer par cette missive que vous êtes le légitime héritier de tous ses biens. Il y a parmi ceux-ci une grande demeure dotée d’un garage abritant deux poids lourds semi-remorque entre autre. La liste étant trop longue à énumérer, je vous prie instamment de vous mettre en rapport avec moi dans les plus brefs délais.

Je vous prie etc... etc... , formule de politesse réglementaire, digne d’un haut fonctionnaire comme peut l’être un notaire. Suivent au bas de la lettre, l’adresse de l’étude, celle du domicile privé, ainsi que le téléphone personnel de monsieur Beaucannon.

Jérôme n’en revenait pas. Il relut encore une fois la lettre en se disant que cela n’était pas possible, que ce n’était pas vrais, que c’était sûrement une blague et que de toute façon il ne connaissait aucun arrière cousin Germain. Il vérifie encore une fois l’enveloppe par acquis de conscience, qui visiblement lui est bien adressée. C’est certainement une erreur fini-t-il par dire. En tout cas mes parents ne m’ont jamais parlés de cet arrière cousin Germain.

Qu’il soit cousin, cousin germain ou qu’il s’appelle Germain, tu n’as rien à perdre lui dit François notre brave intellectuel. A ta place je téléphonerais de suite pour savoir de quoi il en retourne exactement. Au moins, tu serais fixé rapidement.

Tu as raison lui répondit Jérôme; je vais lui téléphoner immédiatement pour éclaircir cette histoire qui à première vue me parais invraisemblable.

Aussitôt dit, aussitôt fait, Jérôme compose le numéro de téléphone du notaire Beaucannon, et obtient ce dernier au bout du fil dès la troisième sonnerie.

 

Après une période qui n’en finissait pas pour nous, ben quoi comprenez-nous, nous attendions pour partir en vacances et nous revoici case départ (sans passer par le START comme au Monopoly). Tout ce qu’on entendait de la part de Jérôme, c’étaient des : « oui oui, oui bien sûr, évidemment, mais certainement, non non, mais non, mais non (pas comme dans la chanson, je ne sais plus de qui, et si cela me reviens je vous le fais savoir), oui oui bien volontiers, entièrement d’accord, etc... etc... ».

 

Vous avouerez qu’avec une conversation pareille, il y avait de quoi y perdre son latin, surtout que ce n’est pas ma branche préférée ni même celle de l’english, et qu’il est hors de question de se présenter à un concours pour remporter la palme d’or ! Néanmoins, nous pûmes enfin (c’est pas trop tôt de vous le dire) après une demi-heure de palabre, entendre parler Jérôme.

Comprenez-nous (oui je sais , je me répète), nous étions tous là autour de lui, et nous n’avions rien saisi de cette belle, longue et étrange parlote. Ce que Jérôme parvînt à dire de cohérent en final au téléphone, ne nous renseigna toujours pas sur le comment et le pourquoi de la chose, car il venait de dire pour seule et unique phrase complète : « C’est entendu cher maître, et vous remercie pour votre obligeance ».

Pantois, que nous étions ! Tous, sans exception. Et alors là, les questions commencèrent à pleuvoir malgré la journée ensoleillée en cette belle matinée d’été.

Et alors ?
Que s’est-il passé ?
C’était ton cousin ?
Que t’a-t-il laissé ?
Que lui est-il arrivé ?
Est-ce qu’on part en congé ?
De quoi est-il mort ?
C’est un grand garage ?
Avait-il des motos ?
Quels genre de poids lourds ?
Quel âge avait-il ?
Est-ce une blague ?
Tu vas vraiment hériter ?
Combien t’a-t-il laissé ?
Il te connaissait bien ?
Il avait beaucoup d’ouvriers ?
Il était très riche ?
Germain, c’était son nom ?
ON l’a liquidé ou quoi ?
Qu’as-tu appris sur sa mort ?
Que t’as dit le notaire ?
Quand dois-tu y aller ?

Chacun de nous en avions posé une à tour de rôle sans jamais lui laisser le temps d’y répondre.

 

Non mais vous vous rendez compte du micmac qu’il y avait ? Jérôme ne savait plus par quel bout commencer. Ben oui quoi, je voudrais vous y voir moi, affronter courageusement question après question, sans avoir le temps de répondre à la première, et qu’on vous en balance 22 d’affilée (pire qu’un interrogatoire à la P.J.), j’aimes autant vous dire qu’après avoir entendu la vingt-deuxième, vous ne vous rappelez même plus celle de la vingt-et-unième, alors pour ce qui est de la première, je vous en laisse seul juge. Car bien entendu, vous pouvez les compter, il y en a eu 22; hé oui, puisque nous sommes 22 !

Bon ! S’écrie Jérôme ! Y a plus de question ? Je peux enfin parler ?
Oui reprirent en cœur les 22.
Hé bien voilà, nous n’allons plus à Paris.
Oh ! fit l’assemblée des 22.
Nous allons à Gerardmer annonça Jérôme, et c’est moi qui vous invitent tous.
Oui ! Hourra ! Vive Jérôme ! S’écrièrent-ils en le portant d’emblée comme s’il s’agissait d’un trophée.

Rassemblement du peloton s’écria Bernard dans la joie. En rang par deux à la file indienne que je voie trois têtes annonça-t-il gaiement. Allons, allons ! Exécution !

Mais c’est qu’il est doué avec ses dons cachés notre petit mirliton ! Aurait-il la délicate intention de faire carrière dans l’armée ?

 

Toujours est-il que tout le convoi s’était miraculeusement reformé. Notre brave André proposa toujours et aussi gentiment de prendre Serge en charge, car avec ce qui s’était passé auparavant il ne possédait plus de véhicule, et de plus le Chef, n’ayant pas perdu de temps, avait déjà commencé et démonté ce qui était encore récupérable de sa moto.

Le premier départ initial avait été effectué ce matin à huit heures; il en est maintenant onze, autrement dit toutes ces émotions nous ont fait perdre trois heures. Et c’est ainsi, le cœur plein d’allégresse, que nous nous remîmes en route. Cette fois ce fût donc vers Francorchamps que nous nous dirigeâmes.

Avant de continuer, je dois vous signaler que notre ami Shu-Yen (l’éclair) avait dût auparavant courir à la poste chercher un colis énorme et pesant. Jules le facteur était trop chargé et de toutes façons n’aurait jamais su l’emporter, tellement le paquet était important par sa grandeur et son poids.

Quand Shu-Yen est revenu, il était vêtu d’une façon plutôt bizarre. Visez-moi un peu cet accoutrement ! Marmonna la Gonzesse ! Un véritable Samouraï chevauchant une moto se dirige droit sur nous.

 

Heureusement , nous avions reconnu la moto de Shu-Yen, car il nous avait quand même fait un peu peur. On lui signala malgré tout que le carnaval était fini depuis belle lurette. Il nous répondit que c’était sa nouvelle combinaison de motard que lui envoyaient ses parents, afin de tester cette dernière, et plus particulièrement le casque qui l’accompagnait.

Arrivé sur le circuit de Francorchamps, quelques motards zélés profitèrent de l’aubaine pour lancer leur machines à plein rendement. Yolande ne resta pas en arrière, car elle aussi aimait bien la vitesse.. Il faut dire qu’elle conduisait aussi bien que la plupart des garçons du club. Ils firent de cette façon une sorte de course sur un tour complet du plus beau circuit du monde pendant que Jérôme et les autres motards roulaient à leur aise.

C’était plus par jeu en se défoulant, que pour concourir, mais ils firent tout le tour du circuit (en ce temps-là il faisait 15 kms de long) et retrouvèrent le reste de la bande à la sortie du virage de Stavelot. Peu de temps après, nous arrivions aux abords de Vielsalm.

Vielsalm, ville charmante où nous décidons de faire une halte pour nous restaurer légèrement. Chose que nous approuvons pleinement puisque nous avions déjà faim (les émotions cela creuse aussi), et tant qu’à faire, une petite infos touristique sur Vielsalm ne peut faire de mal à personne:

« Chaque année, le soir du 20 juillet, les macralles s'emparent des clés de la ville et on peut ensuite assister à un étrange sabbat mettant en scène le grand Belzébuth en personne assisté de nos étranges sorcières.
Cette soirée se déroule en plein air dans le décor de la colline du Tiennemesse à deux pas du camping de Vielsalm.

On y retrace, en wallon, quelques anecdotes cocasses arrivées à quelques Salmiens lors de l'année écoulée.
A cette occasion, des personnalités locales mais aussi des personnalités marquantes du monde politique, artistique, de la télévision ont l'honneur d'être intronisé.

Lors de cette cérémonie, ils enfourchent un balai et prononcent la formule traditionnelle: "Sôte Mirôte out hayes et bouhons" : saute Mirôte par dessus les haies et les buissons. Mirôte pourrait être le nom d'un chat et une allusion au prince de Mérode qui fut crucifié pour sorcellerie. Ces personnalités reçoivent ensuite le titre de "baron des frambâches" (myrtilles ) »
Infos trouvées sur le site de la maison du tourisme de Vielsalm.

Pour en revenir à nos moutons, pardon, nos motards, tout le monde avait déjà planté leur moto sur leurs béquilles respectives; il ne restait plus que Shu-Yen qui semblait éprouver quelques difficultés. Tu as perdu ton train d’atterrissage demande Yolande ?

Oh non, ce n’est pas çà répondit Shu-Yen; mais je n’ais pas eu le temps d’apprendre toutes les astuces de cette moto, et suis toujours en train de chercher.

Comment, dit Yolande ? Cela fait plus d’un an que tu possède cette moto, et tu veux me faire croire que tu ne sais plus où se trouvent les béquilles ? Si tu racontes une pareille ânerie à un cheval de bois, tu peux être certain de ramasser un coup de sabot dans les gencives.

Ah ! Voici ce que je cherchais dit Shu-Yen en feuilletant son petit livre au caractères japonais. Il faut pousser une fois sur ce bouton pour ...

Oh ! fis Yolande. En voilà une surprise ! Tu as transformé ta moto ? Pourrais-tu faire la même chose sur la mienne ? Cela me ferait vraiment plaisir, et me rendrais la tâche plus aisée, surtout que je suis une femme.

Tu n’y es pas lui dit Shu-Yen. C’est ma toute nouvelle moto. Jules avait bien dit : « un colis énorme et pesant » n’est ce pas ? Eh bien, il y avait également ceci fit-il en lui montrant sa moto. Comme tu le vois, c’est la réplique exacte de celle que je possédais et que j’ais laissée en échange, car l’emballage comprenait les frais de retour de l’ancienne. Et c’est comme cela que personne n’a rien remarqué.

Et d’après les indications de ce petit bouquin, en appuyant deux fois dessus, on fait rentrer les béquilles. Voyons un peu ! Mais c’est un truc épatant ce machin-là ! Ce qui est mieux encore, et toujours d’après le livre, même en terrain accidenté, la moto reste bien droite; cela grâce aux bras télescopiques des béquilles qui sont indépendants l’un de l’autre, et gardent la moto sur un plan stable et parfaitement horizontal.

Formidable ! Allez, viens, on va manger lui dit Yolande.

Comme de bien entendu, c’est Claudy qui le premier, en raison du flipper, repéra l’endroit où nous passâmes une heure agréable.

Nous reprîmes la route en direction de Baraque Fraiture, en passant par Houffalize et Bastogne. Routes magnifiques et rectilignes, permettant une partie de cartes aisée à nos énergumènes; j’ai nommé: Tatoué, Pipo, Moustache et Hercule.

Shu-Yen profita lui aussi de ces belles routes. Pendant l’heure où ils avaient fait un break pour se restaurer, il avait eu le temps de lire son mode d’emploi en entier; il ne lui restait plus qu’a passer à la pratique. Chose qu’il fit à merveille car il réussi à filmer nos quatre compères sur deux donnes. Formidable annonça-t-il lorsqu’il eu fini, je vous ais cadré tous les quatre sur les deux derniers jeux que vous venez de faire et cela sans que vous vous en doutiez.

En effet dit Tatoué; j’ai bien vu que tu tournais autour de nous et je me suis demandé à plusieurs reprises ce que tu pouvais bien manigancer. Je comprends aussi pourquoi j’ai perdu ces deux jeux, je faisais trop attention à ce que tu faisais au lieu de m’occuper de mes cartes. Cela m’apprendra à faire plus attention lorsque je joue. Au fait, comment t’y es-tu pris ?

A la prochaine halte, je vous expliquerais cela en détails leur promis Shu-Yen.

Lorsque nous arrivâmes à Bastogne, pause pipi annonça Jérôme, ses enfants avaient besoin de se soulager. Au moment de repartir, Caroline demande à son père si elle pouvait accompagner Yolande sur sa moto. Il fit oui de la tête, et, rayonnant de joie elle sauta derrière Yolande.

Véronique s’apprêtait à pleurer car elle aussi aurait voulu aller en moto. Yolande voyant déjà perler deux petites larmes dans ses yeux l’embrassa et lui dit : je te promets de te prendre dans dix minutes si tu es bien sage et si tu ne pleure plus. C’est d’accord ? Alors fais-moi ton plus beau sourire et montre que tu es une grande fille.

Voilà qui est bien mieux ainsi. Tu es plus belle quand tu ris que lorsque tu pleure. A tantôt lui dit-elle en l’embrassant à nouveau.

Dix minutes plus tard, elle ramenait Caroline et prenait Véronique à sa place. Tu vois dit Yolande, maintenant c’est ton tour, puis après ce sera Caroline, et puis on recommencera encore plusieurs fois. Tiens-toi bien pour ne pas tomber, je ne veux pas qu’il t’arrive un accident. Accroche-toi bien à ma ceinture.
Tu y es ? On peut y aller ?

Oui oui fit Véronique qui riait. Tu n’as pas peur hein, demande encore Yolande avant de démarrer ?
Non non assura Maryline . Cela fit la joie des deux enfants qui bien entendu firent la promenade plus de deux fois, car Yolande accepta ce manège jusqu’à la frontière française.


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4 : Petits problèmes à la douane


Nous voici arrivés à la frontière belge. C’est dommage, je n’ais pas su prendre mon enregistreur avec moi; on a eut quelques petits problèmes assez cocasses aux deux douanes et qui valaient la peine d’être enregistrées. Cela a commencé par la douane belge avec Antoine. Vous vous rappelez, barbe noire ! Eh bien oui ! A cause de sa barbe ! Trois douaniers zélés, en quête de galons ou d’avancement, ont pris notre brave Antoine pour quelqu’un faisant partie de la bande à Baderre !

Non mais vous vous rendez compte, notre pauvre Antoine; il ne ferait même pas de mal à une mouche. Toujours est-il qu’il fut encadré par deux douaniers pendant que le troisième le tenait en respect avec son arme, et qui de plus avait retiré la sécurité. Rien que d’y penser, j’en ais encore froid dans le dos.

Figurez-vous qu’il aurait suffit au douanier d’éternuer un bon coup, pour que celui-ci sans le vouloir, le transforme en passoire. Heureusement, il n’y eut pas de mauvais plaisantin pour lancer un nuage de poivre sur le pif de ce douanier. De toute façon, Pépé enferme toujours bien ses épices en contrôlant si tout y est.

Au poste où on l’emmena, (mais non pas Pépé, Antoine voyons), on a tout vérifié : sa carte d’identité, son passeport, son permis de conduire. Ils ont même tiré sur sa barbe (mais non pas au pistolet), pour voir si elle n’était pas fausse. Au bout de trente minutes, force était aux douaniers qui n’avaient rien trouvé, d’avouer qu’ils s’étaient leurrés (et moi je dirais foutus le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate si pas plus bas).

 

Pendant ce temps, un autre douanier, le sourire aux lèvres, s’était approché du rouquin ; il croyait avoir affaire à Humberto Tozzi le chanteur italien.

 

Charles un peu rassuré, car il trouillait visiblement, accepta volontiers de lui signer l’autographe demandé, et dont il libella de la façon suivante : « A ce corniaud de douanier qui m’ayant vu arriver m’a confondu par la chevelure au personnage qu’il a nommé, à savoir Humberto Tozzi ». Et c’est signé Charles le Rouquin. S’il vous plaît fait-il en lui rendant son calepin.

 

Merci répondit le douanier bienheureux. Charles bien sûr n’a pas demandé son reste quand il lui a dit d’avancer. C’est seulement après un démarrage fulgurant que le douanier prit la peine de jeter un coup d’œil sur son carnet, qu’il s’aperçu avoir été roulé. Il était trop tard pour le rappeler, et nous, nous avons bien rigolés.

 

Vînt ensuite le tour des jumeaux.

Rien à déclarer demande le douanier ?

Si fait Rogier ; mon frère a changé les cartes d’identité, et ne veux plus me rendre la mienne.

 

Ah ! Ah ! Fait le douanier en fronçant les sourcils ! Il demande à René si cela est bien vrai ! (On voit bien que le douanier ne connaît rien sur les caractéristiques de jumeaux, triplés et autres enfants multiples !) C’est en tout cas une question à ne pas poser !

 

Bien sur que non répond-il au douanier, je ne me permettrais pas une chose pareille.

 

Menteur ! Lui cria Rogier abandonnant sa moto et sautant sur son frère.

 

Une bagarre, et une de plus était en route. Au bout de trois minutes, le douanier parvint à les séparés, et les tirant par les oreilles (comme on le fait aux petits enfants), et leur dit : « Venez avec moi, nous allons de-suite régler ce petit quiproquo, et je l’espère pour vous, une fois pour toutes !

 

Il les emmène dans un bureau et les fait asseoir. Bon, expliquons-nous clairement comme l’eau de la fontaine leur dit-il ; moi j’ais tout mon temps ; j’ais encore deux heures de service à faire, ensuite mon collègue me remplacera pendant huit heures, qui se fera lui-même remplacer par un autre pour le même temps, et ainsi de suite jusqu’à éclaircissement complet et définitif de cette énigme. Vous voyez ce que je veux dire ?

 

Pas besoin d’attendre s’écria Yolande par la fenêtre qui était ouverte, en s’adressant au douanier ; je connais la réponse et peux vous assurer qui est Rogier et qui est René.

 

C’est pas vrai repris ce dernier, elle n’a jamais couché avec moi pas plus d’ailleurs qu’avec mon frère.

 

Moi peut-être pas repris Yolande, mais je tiens cela de Solange.

 

Oh ! La saloppe ! Dit Rogier. Ainsi tu as profité de ma dispute pour pouvoir la baiser s’adressa-t-il à son frère. Elle ne perd rien pour attendre cette garce ; ça va être sa fête quand nous rentrerons des vacances.

 

Ca ne sera pas du tout sa fête rétorqua Yolande, car elle avait lieu le 10 mai. Vous n’y êtes vraiment pas tous les deux. Le jour que soit-disant Solange aurait baisé René, eh bien ce n’était pas elle.

 

Ce n’était pas elle ! Reprirent en cœur les jumeaux. Qui était-ce alors, Le père Noël sans doute, vu que c’était à cette période que cela s’est passé ?

 

Pour tout vous avouer entama Yolande, vous savez bien tous les deux que le père de Solange est séparé et que sa mère habite du côté de Liège. Mais ce que vous ne savez pas, et, que beaucoup de villageois ignorent, parce qu’il y a deux ans qu’ils habitent dans notre région, c’est que Rosalie est la sœur jumelle de Solange. Elle est toujours restée chez sa mère, alors que Solange avait préféré son père. L’année passée, pendant les vacances de Noël, elles ont décidées mutuellement de changer. C’est-à-dire, que Solange est allée chez sa mère, tandis que Rosalie venait chez son père.

 

Solange savait que Rogier avait une cicatrice, celle de l’appendicite, qui n’est visible qu’en certains moments. Moments bien sur dont vous vous doutez ! Elle a donc demandé à Rosalie qu’elle s’arrange pour savoir si René en avait une aussi, car elle avait peur de se tromper de jumeau. Petite chose qu’elle réalisa sans éveiller vos soupçons, car rappelle-toi Rogier, que vous vous êtes disputés pour une broutille. En réalité tu t’étais disputé avec Rosalie, mais tu ne pouvais pas naturellement le savoir.

 

Ensuite ce fut un jeu d’enfant pour Rosalie, qui ayant le champs libre par cette broutille, s’est arrangée pour faire tomber René dans ses filets qui n’étaient autres que ses draps de lit bien douillets. Pas vrai hein René ? Le jeu en valait la peine ; tu pensais faire râler ton frère, qui sans le savoir a participer bien malgré lui à cette mésentente. La différence qui existe entre les jumelles est la même que la vôtre ; Solange a également eue l’appendicite, n’est-ce pas Rogier ?

Aucun des deux n’avaient acquiescé, et demeuraient comme deux rond de flanc, tellement l’étonnement était grand. A poil cria le douanier ! Voici enfin la clé de la solution.

 

Bon gré, mal gré, et sous l’œil amusé de Yolande qui en profita pour se le rincer, ils s’exécutèrent tous les deux. Même à poil on ne peut pas les reconnaître par derrière assura Yolande après avoir admiré et comparé les deux paires de fesses.

 

Le douanier, le sourire aux lèvres, en s’adressant à Yolande : « Je vous remercie pour votre aimable collaboration mademoiselle ; vous pouvez dès à présent vous retirer. » Quand à vous mes gaillards, vous pourrez vous rhabiller lorsque vous aurez apposez vos empreintes digitales sur vos cartes d’identités respectives. Ceci vous évitera à l’avenir d’exhiber à nouveau votre anatomie, car si vous ne le saviez pas, il n’existe aucune empreinte identique, même si se sont des jumeaux.

 

Vous nous devez 500 balles dit René au douanier.

 

Comment çà répondit le douanier ?

 

Ben oui quoi ! Quand on va au spectacle, ne faut-il pas payer une entrée ? Et encore, soyez content, c’est un prix de faveur qu’on vous a fait, on ne compte pas la TVA, ni les frais de déplacement !

 

Un prix de faveur, la TVA, les frais de déplacement, et quoi encore ? Non mais voyez-vous cela ! Et pourquoi pas le service compris tant qu’on y est ? Vilains garnements, foutez-moi le camps immédiatement si vous ne voulez pas que je vous transforme en purée fit le douanier en virant au rouge.

 

Pas mal hein René, notre petite diversion ? Yolande a pu passer sans danger fit Rogier.

 

Scrogneugneu murmura le douanier, c’était donc çà ! Empoignant le téléphone, il prévînt aussitôt le poste des douanes françaises. Pendant ce temps les jumeaux s’étaient évaporés.

 

Non mais t’es dingue lui dit Rogier ? Qu’es-ce qui t’a pris de raconter une ânerie pareille ?

 

A notre tour de rigoler un bon coup fit René. On peut aussi s’amuser un peu non ! Tiens, d’ailleurs regarde ! On va se marrer.

 

Yolande effectivement ne comprenait rien à l’effervescence des douaniers français occupés a fouiller sa moto et ses bagages.

 

Non mais qu’est-ce que vous espérez trouver s’indigna-t-elle ? L’atomium en pièces détachées ? Peut-être pour vous l’échanger contre ce vieux tas de ferraille dressé au milieu du Champs de Mars ou de je ne sais plus quelle planète ? En tous les cas, je serais une belle idiote d’avoir fais un si grand détours, vous savez ici en Belgique nous avons de bonnes notions de géographie !!!

 

Apparemment cela n’a pas l’air d’être çà ! Voyons un peu et réfléchissons bien ! Ah ! Mais voilà ce qui pourrait vous intéresser, comment n’y ais-je pas pensée ? C’est le Manekenpis que vous cherchez ?

 

Que voulez-vous que nous fassions de votre Manakenpis ?

 

Sait-on jamais répondit-elle, vous pourriez très bien l’utiliser pour alimenter vos cours d’eaux lorsqu’ils sont asséchés.

 

Je vois fit le douanier le plus proche ; mademoiselle aime faire de l’esprit ; mademoiselle a beaucoup d’humour ;  voyons un peu maintenant si mademoiselle sait apprécier le strip-tease ; ce programme vous convient-il mademoiselle ?

 

Il m’ennuie ce type avec ses « mademoiselle », son vocabulaire n’est pas des plus varié fit Yolande !

Mais bien sûr « môssieur » que j’aimes le strip-tease ; c’est pas parce que je suis une femme que je n’aimes pas regarder les belles choses dit-elle.

 

Malheureusement pour vous dit le douanier, ne vous en déplaise, mais la strip-teaseuse ici, c’est vous !

 

Comment hurla-t-elle de nouveau indignée ? Et puis de quel droit voulez-vous que je me déshabille ? Ha ç’à non alors ! Vous ne l’emporterez pas au paradis celle-là! D’ailleurs je veux parler à mon avocat !

 

Auriez-vous quelque chose à cacher fit le douanier ?

 

Moi ! Sûrement pas ! Vous auriez bien trop de plaisir à me pincer « môssieur ».

 

Alors je vous prie d’accompagner cette dame qui se fera plaisir de …

 

Et qui vous dit que je vais me laisser faire par cette …Oh ! Siffla-t-elle d’admiration ! Vous auriez pu me prévenir ; je pensais avoir affaire à une matrone ! Et que vois-je ? Une poupée ravissante. Dommage madame que vous soyez de service, nous aurions pu nous amuser un peu toutes les deux. Sur ce, elle lui emboîte le pas.

 

Je m’appelle Francinette fit la jeune dame. C’est ma première semaine. Je viens de terminer mes études, et le ministère m’a envoyée ici faire mes premières armes. Je vous offre un café car je me suis bien amusée à vous entendre mettre en boîte mon chef de service. En tout cas il ne l’a pas volé cette fois. Il doit être vert de rage. Il prend tout le monde d’un peu trop haut, il se croit arrivé ! Vous me plaisez sur ce point.

 

Oh mais si cela vous plaît vraiment, on peut encore en rajouter un peu en partant ; faite-moi confiance il n’a pas encore terminer avec moi, j’aimes aussi m’amuser. Vraiment vous êtes charmante Francinette, si je peux vous appeler Francinette, moi c’est Yolande, on va rire encore un peu.

 

Trois minutes plus tard, Yolande sortait triomphante. Hé voilà « môssieur » le douanier, Francinette n’a rien trouvée. Elle est très belle, très gentille , et nous nous sommes déjà donnés rendez-vous pour nous revoir en bonnes copines. Vous aviez sûrement cru que j’avais emporté avec moi un de nos lions caché dans mon pantalon ?

 

Francinette commençait déjà a apprécier le dialogue.

 

Vous savez rétorqua le douanier, nous en avons assez dans les zoos ; mais ce que je ne savais pas reprit le douanier, c’est que « La Lion de Waterloo » était une femelle !

 

Et vlan, encore une belle perche tendue ! Puisqu’on est dans le domaine animalier autant continuer. Qu’il est bête ce douanier tout de même. Pour votre gouverne sachez qu’il n’y a pas qu’à Waterloo qu’il y a un lion, mais nous en avons un autre au barrage de la Gileppe, il y a aussi le lion des Flandres, plus tous les autres dont je ne connais pas les endroits, car bien qu’instruite, je ne suis pas encore une encyclopédie ! En tout cas, je préfère les lions là où ils sont plutôt qu’ici.

 

Et pourquoi cela mademoiselle je vous prie dit le douanier sur un ton ironique ?

 

Ben ils seraient bien capable de vous manger répondit-elle sur le même ton. Sur ce, bye-bye, je repasserais car je me suis bien amusée malgré tout. Et enfourchant sa moto, démarre dans un style éblouissant qui ferait pâlir quelques coureurs professionnels, et rejoignit  le petit groupe occupé a écouter les derniers conseils que donnait François sur la législation française.

 

Il est un peu plus de cinq heures lorsque le convoi est reformé et que nous reprenons la route en nous dirigeant sur Metz via Longwy.


A suivre ... (prochainement)

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5 : La première nuit

 

Quelques kilomètres après la frontière, un petit bar sympathique nous fît un clin d’œil bien engageant. Il faut dire que cette attente à la douane nous avaient exaspérés et que par cette chaleur nous avions les amygdales en feu. C’est avec approbation que nous acceptions de les gargariser. Les enfants non plus n’ont pas étés délaissés, car le bar était doté d’une plaine de jeux très accueillantes que ne dédaignèrent pas Caroline et Véronique, les enfants de Jérôme.

 

Pendant ce temps, chose promise, chose due, nos joueurs de belote tout en se rinçant abondamment le gosier, écoutaient attentivement tous les détails techniques que leur narrait Shu-Yen concernant la manière dont il les avait filmé au cours du voyage avant d’arriver à Bastogne on s’en souvient.

 

Comme vous pouvez le remarquez commença-t-il, je possède une combinaison spéciale (rappelez-vous que c’est un costume de Samouraï). A hauteur de la nuque, apparaît des boutons poussoirs qui en réalité sont divers points de contacts destinés à transmettre au casque certains de mes mouvements. Celui-ci s’adapte parfaitement sur ces pressions.

 

Ainsi par exemple lorsque je pousse que j’ais sur le gant gauche, je commande la mise en marche de la caméra, celle-ci se trouvant dans le casque. Je vous précise aussi que le montage des gants est pareil au montage du casque. Revenons-en à notre caméra : l’objectif se trouve ici, représenté de façon originale par les narines du casque.

 

Formid ! S’écria le Tatoué (Patrick).

Sensas ! Annonça le Moustachu (Gunther).

Magnif ! Commenta Pipo (Joseph).

Asta ! Enchaîna Hercule (Pierre).

(Dans leur langage cela veut dire : Formidable, Sensationnel, Magnifique, A se taper le cul en l’air pour le dernier).

 

Attendez repris Shu-Yen, ce n’est pas fini. Je peux aussi faire des gros plans ; lorsque je tourne mon poignet gauche dans ce sens, le téléobjectif sort. Regardez comme le nez sort. Mais non pas le mien, je ne suis quand même pas Pinocchio. Celui qui est sur le casque, oui , voilà, celui-là ! Vous voyez ! Je tourne mon poignet dans l’autre sens, il revient à sa position initiale. Les oreilles Représentées sur ce casque sont en réalité des écouteurs. Cela me permets aussi d’enregistrer vos commentaires.

 

C’est bien beau la technique, mais comment fait-tu pour savoir si ce que tu filme, est en réalité bien filmé demandât le Tatoué ?

 

Grâce aux yeux du casque repris Shu-Yen. Ceux-ci sont des viseurs qui retransmettent l’image sur le compte tours de ma moto qui devient un écran lorsque je m’en sers. Je tourne mon poignet droit dans un sens, et une partie du casque tourne également dans un sens. Je tourne le poignet dans l’autre sens, et le casque suis le mouvement. Bien sûr, au début j’ais un peu cafouiller. Il a fallut s’adapter aux mouvements, apprendre à les synchroniser, tout en faisant attention à la route, pendant la conduite.

 

On n’arrête pas le progrès dit Moustache. Mais je ne comprends pas, comment tu peux encore faire avancer ta bécane si tes mains sont occupées à filmer ?

 

La moto que je suis allé cherché à la poste continua Shu-Yen, est équipée d’une boîte automatique à titre expérimentale. Ce qui fait qu’à mon pied je ne possède pas comme vous un sélecteur de vitesses, mais plutôt un accélérateur. Eh bien voilà messieurs ! Vous voici renseignés sur votre curiosité. Je vous ferais voir le résultat dès que j’aurais développé le film, et vous remettrais une copie une fois de retour chez nous.

 

Nous décidâmes ce soir-là de nous arrêter aux abords de Le-Ban-Saint-Martin, préférant par là, ne pas se perdre dans la ville de Metz. On aurais pu faire le voyage en une seule étape, mais vu les circonstances du matin où nous avons perdu trois bonnes heures, et puis ensuite les péripéties de quelques énergumènes à la douane, il était préférable de se reposer que de continuer, fatigués comme nous l’étions.


Et tant qu’a faire, pourquoi pas receuillir un peu de documentation sur cet endroit pendant que nos amis se reposent. Cette documentation se trouve sur internet. Dans Google, taper Le-Ban-Saint-Martin, vous obtiendrez en plus du texte, des photos.

 

Début du VIIème siècle
Une abbaye bénédictine dédiée à Saint Martin est installée au pied du Mont Saint Quentin. C’est d’elle que la commune tire son nom. Ce monastère est entouré d’un petit village dont les habitants cultivent la vigne, production essentielle du val messin pendant plusieurs siècles. Il est agrandi et richement doté par Sigisbert III, roi d’Austrasie, dont le corps est enseveli après sa mort dans la crypte abbatiale puis sanctifié plus tard par l’Eglise.

 

870 - A la suite du traité de Meersen, le Ban-Saint-Martin est placé sous la juridiction du Duché de Lorraine.

1604 - Le Ban-Saint-Martin passe sous la juridiction de la Ville de Metz. Le village est à nouveau gravement endommagé lors de la guerre de Trente ans (1618-1648).

1792 - Le village de 200 habitants se détache de la tutelle de Metz et est érigé en commune autonome.

1851 - La commune s’agrandit par l’apport du hameau du sauvage et de la Plaine. La vocation militaire du Ban-Saint-Martin s’affirme du fait de la transformation de cet endroit en champ de manœuvres.

1870 - De nombreuses unités militaires séjournèrent au Ban-Saint-Martin durant la durée du siège

 

1900 - Bourgade de 385 villageois au moment de l’annexion, le Ban-Saint-Martin est devenu en 30 ans une cité de 2500 habitants. Les Allemands représentent la majorité de la population et en ont fait une ville de garnison. Le village s’est urbanisé au détriment des terrains autrefois occupés par la vigne. Seules les cultures maraîchères restent prospères. De petites manufactures ont été installées dans la commune.

1902 - Le 1er avril, la Tour Bismarck, symbole de l’emprise allemande sur le Pays messin, est inaugurée.

1906 - Le pont du Sauvage solidement construit, remplaçant un pont militaire de bateaux, est inauguré.

1911 - Les autorités allemandes célèbrent en juillet et août le 1300ème anniversaire de la fondation du Ban-Saint-Martin, fixée arbitrairement à l’an 613.

 

Guerre14-18 - La germanisation de la commune est réalisée dès août 1914. En 1918, le Ban-Saint-Martin redevient français. Des unités françaises occupent dorénavant les casernes. Les religieuses de Ste Blandine installent leur maison mère rue de Lardemelle.

1925 - Les rues du village sont goudronnées et pourvues de l’éclairage électrique.

1932 - Inauguration le 31 juillet de la nouvelle mairie-école installée dans un ancien établissement militaire.

1939 - Inauguration le 31 juillet de la nouvelle mairie-école installée dans un ancien établissement militaire.

 

1940 - Le 17 juin, après la défaite de l’armée française, les Allemands procédent à l’annexion de fait de la Moselle. La commune perd son autonomie et est rattachée à la Ville de Metz.

1945 - La commune a repris son autonomie. Le bilan est lourd : elle a perdu du fait de la guerre 32 de ses enfants, les maisons sont dévastées, dépourvues d’eau, de gaz, d’électricité. La cité sera progressivement remise en état et pourra petit à petit retrouver sa population.

1947 - Année noire : un incendie détruit l’usine Loevenbrück du Sauvage. Des inondations survenues le 30 et le 31 décembre entraînent d’importants dégâts dans la commune.

1948 - L’église paroissiale de Ste Croix dont la construction avait été commencée en 1938 est consacrée le 18 septembre.

1951 - Le château Lasalle abrite une école d’enseignement ménager remplacée plus tard par l’IRTS, accueillant 650 élèves destinés aux professions sociales.
1960 - L’ancienne mairie-école est détruite. Construction du centre socioculturel et du groupe scolaire Verlaine.

1962 - Ouverture d’un bureau de poste réclamé depuis plusieurs décennies.